Modèles féminins

 De quels modèles peuvent s’inspirer les femmes d’aujourd’hui?

Et quels sont ceux auxquels je me réfère? 

L’autre jour, alors que je tapotais sur mon clavier pour me livrer à l’exercice des pages matinale prônées par Libérez votre créativité de Julia Cameron -destiné aux artistes bloqués – cette question m’a traversé l’esprit:

Quels sont mes modèles? En tant que femme, à quel mythe puis-je me vouer?

Les réponses ne se sont pas vraiment bousculées.

J’ai commencé par explorer ceux les différents pseudonymes que j’emploie sur internet et dans lesquels je serais censée me reconnaître.

Alors, Perséphone, qui passe la moitié de l’année aux enfers pour rendre visite à papa?

Ou Cassandre de Troie, splendide princesse-prêtresse prophétesse vouée à l’incompréhension dans une ville promise la destruction?

Ou encore Atalanta, mon pseudo favori, une princesse athlète élevée dans les montagnes par les Amazones, dont j’apprécie et qui a fini par épouser un homme dont elle ne voulait pas parce qu’elle s’est penchée pour ramasser une pomme dorée (ça vous rappelle vaguement quelque chose à vous aussi?)

J’aime lire et écrire, ce n’est un secret pour aucun de ceux qui me côtoient. La littérature devrait m’offrir pléthores d’écrivaines à l’existence et aux ouvrages chargés d’inspiration et d’encouragements. Alors, Emily Brontë, qui a écrit mon roman préféré mais n’a vécu que par le truchement de sa plume? Ou, Edith Wharton, mon écrivain fétiche qui fut la première femme à recevoir le prix Pulitzer, mais certainement pas la dernière prête à échanger secrètement tout son talent littéraire contre des attraits féminins éphémères? Peut-être n’ai-je pas encore posé la main sur les bons volumes? Depuis que les médias ont largement célébré le centenaire de sa naissance, je n’arrête pas de me dire que je devrais lire le deuxième sexe et partir à la découverte de Simone de Beauvoir.

L’histoire du monde devrait regorger d’héroïnes dont l’existence et les idéaux m’inspirent. Jeanne d’Arc, héroïne très chrétienne mais grillée sur le bûcher comme une sorcière avant son 20ème anniversaire? De quoi décourager les meilleures volontée. Cléopâtre, qui a mis sa séduction au service de l’Etat ? Elle a fini par se suicider. Boudicca a été torturée et ses filles, violées. Hatchepsout – la seule femme qui ait eu le culot de ceindre la double couronne en 3000 ans de civilisation pharaonique- a vu ses cartouches martelés par son successeur, Thoutmôsis III. L’histoire n’est pas tendre avec les femmes qui sortent du rang. C’est peut-être pour cela qu’Elizabeth 1ère d’Angleterre a exercé le pouvoir avec une telle force qu’elle n’a trouvé personne avec qui le partager.

Si je me place dans mon époque, les femmes de valeurs, ceux que les anglo-saxons appellent les « role models », ne manquent pas. J’ai la chance d’être née avec le yéyé, d’avoir entendu mes parents discuter du droit de la femme à venir travailler en pantalon et que Simone Veil ait veillé à ce que j’ai le droit de mettre fin à une grossesse non désirée, des années avant que je sois en mesure de me poser la question. Simone Veil, justement, est un exemple. Elle a échappé aux camps, elle est Française comme moi (une nationalité que je chéris) et j’ai eu la chance d’être témoin de son action. J’avais 10 ans quand l’avortement a été légalisé en France grâce à elle. Ce n’est pas si loin que cela et maintenant, je ne peux pas ouvrir un magazine féminin « sérieux » sans entendre parler d’un gouvernement qui tente de limiter l’accès des femmes à l’avortement. Il y a aussi toutes ses femmes nées dans des pays musulmans radicaux et qui se battent pour leur liberté et celles de leurs semblables. Ecrivaines, députés, elles risquent parfois leur vie pour avoir brisé la loi du silence.

Enfin, il y a les héroïnes de fiction. Peut-être en raison de la profession que j’exerce, j’ai toujours eu un faible pour Lois Lane. J’admire son impétuosité et son talent inégalable pour mettre sa vie en danger à chaque fois qu’elle coure après un bon sujet… Mais risquer sa vie pour faire la une du Daily Planet est certainement moins effrayant lorsqu’il suffit d’appeler Superman à son secours pour être sauvée instantanément, le baptême de l’air étant souvent compris dans le package. Buffy (inteeeerrrdiction de rire), personnage hautement réjouissant et totalement attendrissant créé par Joss Whedon. Evidemment, la petite blonde de 50 kg qui réduit les méchants vampires en poussière, j’ai adhéré à fond.

Et puis, grâce à Marion Zimmer Bradley, j’ai vibré pendant 500 pages avec Morgane, cette prêtresse à la féminité archaïque et païenne, à laquelle sa vie sentimentale contrariée n’a rien enlevé de sa substance et de sa droiture.

Mais si j’admire beaucoup de ces femmes, réelles, mythiques ou fictives, la question est : avec laquelle aurais-je envie d’échanger ma vie ?

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